George Auriol

Comme quoi la Vignette Sylvie sera proclamée
la «panacée» de l’imprimeur moderne

« Pas de problème plus complexe dans l’art décoratif que celui de la conception d’une vignette typographique à combinaisons. A cette catégorie d’ornements, en effet, que demande-t-on ? De satisfaire à tous les besoins, de remplir tous les emplois, de s’accorder à tous les genres, de tout exprimer en un mot et de passer, sans transition aucune, au même titre qu’en art oratoire, « du grave au doux, du plaisant au sévère. »

Un tel tour de force réclamait un maître. Le talent de George Auriol paraissait en mesure de le réaliser, et sa collection de motifs réunis sous la dénomination symbolique de Vignette Sylvie est tout simplement le rêve dans l’ordre de l’ornementation légère. Ses adventives et ses feuillages, par leur impersonnalité, se peuvent accorder avec tout. Leurs mille combinaisons et groupements prouvent, comme dans notre plaquette spécimen, que rien ne peut les égaler dans l’ornementation gracieuse d’un carnet de bal ou d’un programme de soirée ; pour rendre la sobre élégance d’une invitation ou d’une carte d’adresse ; non plus que pour relever la fantaisie d’un titre, s’accorder au sérieux d’une revue, assurer et maintenir la tenue et le style d’une page d’édition d’art, et donner la note juste jusque dans l’accompagnement de cette moyenâgeuse légende du Cheval de la Mort ou l’automnal décor qu’elle réalise se fait absolument approprié. Voilà pour les applications.

Mais le domaine où cette collection se montre de plus en plus maîtresse incontestée c’est celui de la composition typographique, ou l’extension, c’est-à-dire l’élasticité qu’on obtient de ses pièces sans jointures, fait que toute ligne de pièces combinées peut, selon les besoins, s’allonger ou se rétrécir, sans la contribution du coupoir, par le seul jeu des espaces. Aussi ne craignons-nous pas de solliciter l’expérimentation des praticiens qui déclareront avec nous : qu’actuellement, dans cette catégorie d’ornements, la fonderie typographique n’a rien produit d’aussi parfait. »